dimanche 14 mars 2021

Un communard chez les Dumas

 
Portrait d'Henry Bauër (Crédits photo : BNF)

Alexandre Dumas a eu deux fils. Le premier, Alexandre Dumas fils (1824-1895) est bien connu pour avoir écrit La dame aux camélias. Il est aussi celui qui a dit des Communards : « Nous ne parlerons pas de leurs femelles, par respect pour les femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes », ce que Victor Hugo ne lui pardonnera pas.

Le second fils d’Alexandre Dumas s’appelle Henry Bauër. Né en 1851, il est le fruit de la relation que Dumas eut avec Anna Herzer (née vers 1823 en Allemagne, décédée en 1884 à Sceaux). Celle-ci avait épousé un Autrichien, Josef Anton Bauer (vivant en France, il écrivait son nom « Bauër » avec un tréma), dont Henry prit le nom.

Au moment où son demi-frère tenait l’élégant propos cité plus haut, Henry Bauër était détenu par les Versaillais. En effet, républicain engagé, il avait participé activement à la Commune. Condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il rencontre Louise Michel, dont il devient l’ami ; il y restera jusqu’en 1879. Amnistié, il rentre en France et va devenir un critique littéraire réputé. Il fera connaître en France Ibsen, Strindberg, Tolstoï, aidera de jeunes auteurs comme Octave Mirbeau, et soutiendra Oscar Wilde. Dreyfusard, il défend Zola. Il apprécie de jeunes écrivains et artistes comme Verlaine et Rodin, et il sera aussi le seul critique d’envergure à défendre Alfred Jarry lors des premières représentations d’Ubu Roi. 

Les biographes de Dumas Père évoquent rapidement Henry Bauër, ne le mentionnant qu’en passant, et glissant tant sur son passé de communard que sur sa carrière de critique.  Henry Bauër ressemblait de façon frappante à son père. Il a laissé des souvenirs, Mémoires d’un jeune homme, réédités par L’Harmattan en 2013.

Henry Bauër est mort à Paris en 1915.


A propos de la Commune, une visioconférence aura lieu jeudi 25 mars à partir de 18h30. Elle sera animée par Jean Marc SCHIAPPA, historien, Président de l'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée. Vous pourrez participez à cette rencontre via Google Meet* en cliquant sur ce lien :

https://meet.jit.si/150ANSLACOMMUNENESTPASMORTE

*Pour se connecter à Google Meet il faut avoir un compte gmail (qui est très facile à créer si vous ne l'avez pas). Si vous cliquez et rien ne se passe, copiez le lien et ouvrez -le dans un nouvel onglet.

Par Etienne

jeudi 4 mars 2021

Rencontre à venir le jeudi 18 mars à 18H30 : "Cronstadt 1921" présenté par Etienne Lesourd


Il y a cent ans, en mars 1921, les marins de la forteresse de Cronstadt votaient une résolution demandant des élections libres à bulletin secret pour les soviets, la liberté de parole et d’expression, la libération des prisonniers politiques, l’abandon des privilèges accordés aux bolcheviks.

« C’était bel et bien, dira plus tard Daniel Guérin,  le monopole du parti dirigeant qui était visé ». La réponse des bolcheviks ne se fit pas attendre : les marins devaient se rendre, ou bien ils seraient « canardés comme des perdreaux ».

Trostky et Zinoviev, les deux dirigeants chargés de mater la révolte, ne tardèrent pas à appliquer ce programme. Les témoins, comme Victor Serge, Emma Goldman  et Alexandre Berkman assistèrent impuissants au massacre, après les premières tentatives d’assaut qui échouèrent en partie à cause du refus de nombreux soldats de tirer sur les insurgés.

Et, le 18 mars 1921, les combats cessèrent, consacrant la victoire des bolcheviks. Lénine, Trostky et Zinoviev fêtèrent comme il se doit le cinquantième anniversaire de la Commune de Paris, et reçurent en conséquence les surnoms de « Thiers et Galliffet de la Commune de Cronstadt. »

Les textes présentés ici font la part belle aux témoins directs : les Izvestia de Kronstadt, journal quotidien des marins ; le récit de Stepan Petritchenko, président du Comité révolutionnaire provisoire de Cronstadt, et ceux  d’Emma Goldman et Alexandre Berkman, qui tentèrent, en vain, une médiation ; ainsi que d’autres textes, émanant de divers historiens, analystes et commentateurs, suivis d’un chapitre consacrés aux débats.

Le titre figurant à la une des Izvestia du 9 mars résume parfaitement le point de vue exprimé par les révoltés : « Lénine a dit : « ‘‘Le communisme, c’est le gouvernement des soviets plus l’électrification’’, et le peuple s’est rendu compte que le communisme bolchevique, c’est la bureaucratie plus les fusillades. »

Cronstadt 1921. Chronique à plusieurs voix de la révolte des marins et de sa répression. 

Textes assemblés et annotés par Etienne Lesourd.

Editions Les Nuits Rouges,  2021.

Vous pourrez participez à cette rencontre en visioconférence via Google Meet* en cliquant sur ce lien le jeudi 18 mars à 18H30 :

meet.google.com/oha-jyod-mpu 

 *Pour se connecter à Google Meet il faut avoir un compte gmail (qui est très facile à créer si vous ne l'avez pas). Si vous cliquez et rien ne se passe, copiez le lien et ouvrez -le dans un nouvel onglet.







https://www.lesnuitsrouges.com/produit/cronstadt-1921-chronique-a-plusieurs-voix-de-la-revolte-des-marins-et-de-sa-repression/

Par Etienne

lundi 1 mars 2021

La Commune en bande dessinée

 

Entièrement réalisé avec des gravures de l’époque, le roman graphique en trois tomes, Les damnés de la Commune de Raphaël Meyssan nous  raconte l’épopée des communards :

À la recherche de Lavalette,
 
Ceux qui n’étaient rien, 
 
Les orphelins de l’histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous un lien vers l’interview de Raphaël Meyssan réalisée dans le cadre de l’exposition «Versailles dans la bande dessinée» en 2020. Il y détaille son processus créatif pour le moins atypique et revient sur l’événement historique de la Commune de Paris qui a inspiré son œuvre.

https://youtu.be/llVxHlF4rj4

Et un autre lien vers le site de Raphaël Meyssan, pour découvrir comment il a réalisé quelques unes des planches de son livre :

https://www.meyssan.com/a10

Page 50, Les Damnés de la Commune, tome 1 À la recherche de Lavalette, par Raphaël Meyssan, éditions Delcourt, 2017.

 
Félix Régamey, Clément-Édouard Bellenger, «  Assaut de Malakoff  », Histoire illustrée du Second Empire, de Taxile Delord, Librairie Germer-Baillière et Cie, 1880-1883. 


Par Monique