dimanche 17 février 2019

Lecture en-vie (18-21 février 2019)

Cette semaine, l’émission de France Culture
 « La compagnie des auteurs » 
est consacrée à l'écrivain israélien

Amos Oz     Résultat de recherche d'images pour "amos oz livres"

Écoutez les quatre épisodes ici
Ca donne envie de (re)lire ses livres. 

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Ils vous attendent sur les rayons 
de la librairie « Autour du monde »

mercredi 13 février 2019

Rencontre du 22 février 2019: Sébastien Raizer



La librairie "Autour du monde" :

Confession japonaise

Rencontre protéiforme ce vendredi 22 février 2019 et heureux prolongement : l’auteur, qui a élu domicile à Kyoto se trouve être un proche voisin d’une invitée récente de la librairie, venue également nous entretenir de sa passion pour le Japon, Corinne Atlan. La conversation érudite entre Sébastien Raizer et Francis Kochert a couvert un large spectre : littérature, géographie, histoire, musique, estampe, poésie, philosophie, technologie, arts martiaux…
Au vu de son œuvre et à l’écoute de ses propos, Sébastien Raizer semble avoir fait siens les mots de Mishima Yukio, une des ses influences majeures : « Le penchant de mon coeur vers la Mort, la Nuit, le Sang était indéniable. » Chaussé de geta et vêtu de nuances sombres, une amorce de tatouage affleurant sous la manche droite, l’ombre connaît aussi la couleur : rouge sang et nuit d’encre pour l’auteur et traducteur à la Série Noire ; blanc bruyant pour le cofondateur des Éditions du Camion Blanc (livres sur le rock, de Jimi Hendrix à Sonic Youth en passant, entre autres, par Joy Division et Nirvana) ; signes noirs sur blanc satori pour l’auteur adepte de zazen du « Petit éloge du zen » ; bleue comme la collection des Editions Mercure de France  où vient de paraître « Confession japonaise », toutes ces couleurs et d’autres enfin, susceptibles de se refléter sur la lame brillante du pratiquant de l’art du sabre iaidō.
Après avoir évoqué ses nombreuses influences en littérature (Burroughs, Tanizaki, Kawabata, Philip K. Dick…), les musiques rock-métal-indus baignant ses créations (les Stooges, Kraftwerk, Coil, Ministry…), ses nombreux voyages (Thaïlande, Corée du sud, Cambodge…) Sébastien Raizer nous parler du Japon, ce pays de culture millénaire mêlant tradition et extrême modernité, de cette culture aux concepts si différents des nôtres que l’on ne peut s’en faire qu’une représentation approximative, forts de nos modèles occidentaux… comment imaginer vivre au quotidien au milieu des revenants, des esprits, des myriades de divinités, démons, yureiyukaikami et autres femmes-fantômes alors que notre modèle néolibéral nous promet le bonheur pour tous grâce à la « positive attitude », l’éradication de la maladie par la génétique et la vie éternelle via l’intelligence artificielle ? Au pays du soleil levant la limite est floue entre le monde des morts et celui des vivants, une simple passerelle les relie… celle qu’empruntent les éveillés… y faisant résonner leurs socques, s’appuyant sur le bois centenaire d’essence rare de la rampe, adressant un regard aux carpes koî en contrebas, tendant l’oreille au vent venu des montagnes animer les bambouseraies avoisinantes, respirant le parfum des fleurs de cerisiers avant d’aller s’asseoir dans la fraîcheur d’un jardin pour boire un thé, vert ou blanc, en savourer la couleur subtile et l’amertume légère dans un bol noir, aux bords perlé de mille yeux embués… autant d’images que l’on peut retrouver chez les grands maîtres de l’estampe, Hokusai ou Hiroshige, évoquant l’impermanence et l’interpénétration des êtres et des choses animant le monde flottant et son supplément d’énergies invisibles…
Je retiendrai surtout de cet entretien au long cours cet étrange aller-retour : comment une certaine perception du monde basée sur « l’expérience et la respiration » de l’auteur influence sa pratique de l’écriture et comment cette écriture riche de sensations inouïes influence en écho les événements de son quotidien… Est-ce là le véritable « alignement des équinoxes » ? Pour en savoir plus vous pouvez toujours imaginer la suite ou agir suivant le non-agir : vous laisser absorber par la lecture des livres de Sébastien Raizer, selon ce principe tiré du « Traité des cinq roues » de Musashi Miyamoto : « Se forger dans la Voie en pratiquant soi-même, et non par le jeu des idées. »… Des livres comme des points de suspension au-dessus du vide.
1.       Sébastien Raizer,  « Petit éloge du zen » (Editions Gallimard, 2017).

Texte de Jean-François, photo-reportage par Anne et Jean-François

mardi 12 février 2019

Saint-Valentin du livre



Chères adhérentes, chers adhérents,

On entend dire souvent des écrivains que les livres ont sauvé leur vie.
Que les livres détiennent toute la richesse des mots, et le pouvoir d'imaginer à partir de chacun d'eux mille possibilités.
Que les livres leurs ont fait peur, les ont fait rire ou pleurer, et puis, qu'ils les rendent rêveurs, les font vivre et penser.
Que les livres content, racontent et tourmentent, et puis, qu'ils sidèrent, éclairent et apaisent.
Que les livres ont tous les droits, par des tours et des détours, par des digressions et des subversions, pour dire le Pour et pour dire le Contre, pour lever le poing et pour frapper du poing, pour tirer des fils vers les étoiles et s'abîmer dans les méandres de la pensée....
On entend dire souvent des écrivains que les livres ont sauvé leur vie.
Nous sommes tous des écrivains, tous avons le droit d'écrire, puissamment, merveilleusement, maladroitement, et surtout, toujours sincèrement.
Toute la beauté du monde, belle et laide, est dans les livres, et aussi autour d'eux, dans l'ossature, dans la couverture.... l'objet à part entière fait rejaillir mille sentiments. Ne passons plus à côté sans leur rendre hommage, leur avouer même notre inclination, et plus si affinités....
Aussi, ramassez un bouquet de crayons fraîchement taillés, et puis, contez leur fleurette, ou ferrez vos plumes pour leur envoyer des flèches enflammées.
A vos livres, à vos souhaits, à vos amours.

Dorothée

Si vous souhaitez apporter vos contributions, profitez du mois de l’amour pour les poster sur le blog : lettresdunionblog@gmail.com



***
Mon cher livre,
Toi qui chaque jour prends ton courage à deux mains
Pour me demander la mienne,
Ma réponse reste la même : mille fois oui !!!
Jean-François


Dans le jardin ouvragé d'un poète passionné

J'ai une peine de coeur,
Mais l'amour toujours est mon roi.
Je suis vivante et j'ai peur,
Mais je n'abandonne pas, car je sais que
Ce n'est pas folie que d'avoir telle candeur.
Je ne suis pas l'erreur,
Ma seule véritable peur, c'est de la perdre.
Mon coeur palpite encore pour un faux-semblant aux atours de Don Juan.
Ce fâcheux détour a failli sonner le glas de ma nature créative,
Si ce scélérat, mon coeur las l'avait donné en pâture à une vilaine pensée furtive.
Mais voyez, je suis rétive à l'invective,
La littérature n'est pas de l'injure d'une mauvaise conjoncture,
Elle mérite la belle tournure.
C'est ainsi qu'ici je m'active à entretenir sa pérennité
Et à déclamer sa gloire méritée.
La littérature est chère à ceux qui sont les témoins de ce qui ne se dit pas,
Et qui devient si clair en l'écrivant.
Elle est un champ prodigieux, authentique et immortel,
Et si même on la flanque d'artifices, qu'on veuille la faire sombrer,
Et que difficilement elle se relève, si même on l'oublie,
Elle ne disparaîtra jamais.
Elle survivra au-delà de nos apparences.
La littérature n'est pas chair à cimetières, elle est la mémoire éternelle.
Au fond, on ne peut résister à son absence.
 Dorothée

lundi 11 février 2019

Rencontre du 15 février 2019: Li Ping Ting & Michel Doneda








Li Ping Ting danse, performance [Taiwan]
Michel Doneda saxophones





Bienvenue à la librairie pour une performance débridée... drôle de discordanse entre deux corps en noirs bientôt marqués à la craie blanche... l'un paré de nattes, plume blanche entre les lèvres, l'autre abouché à un sax alto coiffé d'une sourdine... deux corps en présence, l'acte plutôt que la pensée, deux pratiques côte à côte dans le même petit espace, intimité forcée d'énergies d'autant plus séparées... qui se rapprochent, se cherchent, se repoussent et se répondent... miettes éparses, agrémentées de mêches de cheveux sur le public prélevées, agacées à coups de plume, triturées, balayées... cérémonie ensauvagée accompagnée d'un sax aphone soufflant du silence au grognement... oscillation entre mouvements et sons... papiers crissants déroulés et notes soudain stridentes la sourdine chue... lune forme prend, cris, chants, mots scandés, chuchotés... ballot jeté, balles envoyées rouler... mouvements répétés, corps qui chute... rythme accéléré, endiablé... livre déchiré... délivré... jusqu'à l'apaisement... la plume à la bouche une femme caresse les livres exposés... se souviennent-ils de leur passé?

Jean-François

Auteur-à-venir le 26 février 2019

photo ID
  • La librairie "Autour du monde" vous invite à la rencontre avec Eric Vuillard pour son livre

  • La Guerre des pauvres

  • qui aura lieu mardi 26 février 
  • à 18 heures au Musée de la Cour d’Or/Grenier de Chèvremont, 
  • suivi de la projection du film « Cadavres exquis » de Francesco Rosi 
  • au cinéma affilié Le KLUB du centre-ville.

  • Partenaires de la rencontre
     : 
  • CinéArt, Le Festival Le livre à Metz, le Forium Irts, 
  • Le Musée de la cour d’or et Metz Métropole

Rencontre du 19 février 2019: Jean-Marie GALLAIS





Jean-Marie GALLAIS  


commissaire de l'exposition 
"Peindre la nuit" actuellement au Centre Pompidou de Metz. 



La rencontre a été très instructive et pleine de surprises. Elle a commencé par un questionnement sur ce qu'est un catalogue... Considérations économiques, sur les conditions de production, d'édition, de livraison, de vente... Sa fonction de témoignage, d'archivage... objet didactique ou rétrospectif... outil incontournable pour les historiens d'arts et les étudiants, les avis furent partagés. Est-il souhaitable de le lire en amont de l'exposition, pour avancer dans celle-ci avec un regard orienté ou faut-il en garder la lecture pour après, une fois la visite effectuée, et privilégier la découverte par les sens plutôt que par le sens?... Et puis comment lier textes et images? Monographies, catalogues raisonnés aux notices détaillés... comment relier les œuvres  au gré d'une écriture qui traverse les pages et les feuillets ? Jean-Marie Gallais nous a également réservé plusieurs surprises, notamment des catalogues "extra-ordinaires", proche parfois, lorsque ceux deviennent "cataloeuvres", pour reprendre la formule de Francis Kochert, des livres d'artistes où le fond et la forme s'expérimentent, jouent à se surprendre et à intriguer, étonner... voire agacer quelque peu le lecteur/spectateur !
Jean-François

Quelques photo-impressions de la rencontre 



cliquez pour agrandir les images

samedi 9 février 2019

A vos plumes ! En lisant en écrivant...





Un fil tiré vers les étoiles



Et finalement,
Vous aussi vous filez,
Filament au firmament,
Un fil de lumière, un col haut blanc,
Tiré vers les étoiles, cousu sur la nuit.
La galaxie se pare de l'étoffe d'un génie.
Sur Terre,
La couture reste béante,
En un éclair vous fûtes arraché,
Seule, sans plus votre esprit éclairé,
Elle devra resserrer les liens,
Tisser sur une nouvelle trame,
Et faire toujours honneur à votre âme,
Cette histoire qui ne doit pas se refermer
Sur un défilé inachevé.....
Dorothée


***
Pour Paul Fournel, en guise de plagiat

Meilleurs cieux 
Dit le Dieu
Meilleurs œufs
Dit la poule
Meilleurs pieus
Dit le Dormeur ( du Val…)
Meilleurs creux
Dit l’Affamé
Meilleur qu’eux
Dit le Jaloux
Meilleurs bleus
Dit le Boxeur
Bon areuh
Dit le Bébé
Meilleur mieux
Dit l’Ambitieux
Meilleure tonlieu
Dit le Seigneur

Meilleur adieu,
Dit le P’tit Vieux
Je n’avais rien d’autre à faire

Il m'a donné son accord!

par André Nazeyrollas

N’hésitez pas à envoyer vos textes à lettresdunionblog@gmail.com

vendredi 25 janvier 2019

Rencontre du 30 janvier 2019: Christophe Manon

Christophe Manon


La tempête de neige n’était pas au rendez-vous mais un public rare, à l’écoute tendue vers les mots irradiants de Christophe Manon lisant au rythme de sa main… Un livre en deux parties : deux blocs de désir obstiné tenus par le vide, une écriture frayant la matière, un «tourbillon sensuel»  à retrouver sous la chaude couverture jaune Verdier de « Pâture de vent »»… encore une belle et intense rencontre. Merci Anne-Marie!


Un extrait choisi par Jean-François :
"Merci à ceux qui imposent leur volonté par la force ou qui cognent sur de plus faibles qu'eux. C'est l'un des divertissement qui semble le mieux partagé ici-bas. Merci aux persécuteurs et aux persécutés, merci. A celui qui abuse d'un être humain ou d'un animal, je dis merci. Merci au monde pour être ce qu'il est, merci à toutes et à tous, ainsi ma rage demeure intacte. Jamais je ne l'abandonnerai ; elle est vitale pour moi, elle est nécessaire à mon écriture, elle me structure et m'aide à me tenir d'aplomb. C'est pour cela que je trouve la force de me lever chaque matin et que j'engage quotidiennement une lutte sans issue avec la langue dans l'espoir de trouver un jour l'apaisement et en même temps je ne veux pas être apaisé. Vive les tortionnaires, vive les brutes, vive les violents, vive les envieux, vive ceux qui sont animés par la vengeance et ceux qui subissent en silence, tête basse, vive les puissants et les oppresseurs, ainsi, grâce à eux, mon amour décuple. J'ai peur de beaucoup de choses, mais celle que je redoute le plus, c'est de ne plus ressentir de colère en entendant les informations à la radio. Parfois, lorsque je suis trop paisible ou que j'ai l'impression de m'assoupir un peu dans le confort de ma médiocre existence, j'écoute et je réécoute le journal jusqu'à ce que j'ai envie de fracasser le poste. C'est une gymnastique très saine. Alors je sais que je vais bien."